Quelles sont les conséquences de l’après mine ?
Il n’y ni mine « verte », ni après mine heureux ! Ne soyons pas dupes, l’extraction minière, et surtout l’extraction d’or, métal très convoité par le dépositaire Breizh Ressources, est très polluante et extrêmement impactante pour notre territoire :
- Accaparement de la ressource en eau. D’après les dernières estimations pour notre région, il va falloir déjà rapidement choisir entre le robinet et l’agriculture. Avec une mine d’or dans les environs ? Il n’y aura plus d’eau ni pour l’agriculture, ni pour les robinets !
- Nappes d’eau potable polluées par des métaux lourds, des sulfates ;
- Pollution de l’eau potable via les zones de captation, qui, dans certains cas, sont les fleuves.
- Contamination du sang à l’arsenic (région de Salsigne) ou par les autres métaux lourds (Plomb, Cadmium, Zinc, Mercure…)
- Intoxications, cancers….
- Pollution des milieux marins via le réseau fluvial
- Stérilisation de vastes surfaces
- Baisse de la valeur foncière, difficultés pour vendre les biens immobiliers même à bas prix.
À La Mure (Isère), les restrictions d’usage des sols liées à l’ancienne mine ont diminué la valeur des propriétés dans un rayon de plusieurs kilomètres. [Source : CGEDD – Rapport sur les mines et l’aménagement du territoire, 2018] - Perte du tourisme, qui viendra randonner ou s’installer dans une région marquée par des poussières toxiques et des digues de boues surveillées à vie ?
- Difficulté voire impossibilité à satisfaire les besoins en énergie de tous les usagers du territoire. Comme pour l’eau, il va falloir choisir entre alimenter en électricité la mine, les industries branchées au réseau ou les habitants.
La mine s’accapare la ressource en eau potable
La « variable » mine n’est intégrée dans aucun prévisionnel national (EDF) ou régional (SRADDET) ou local (SCoT, PLUi, SAGE, PAPI…)
Deux poids, deux mesures : l’eau, ressource des uns, déchet des autres
Chaque été, les agriculteurs et les habitants de la région subissent des restrictions d’eau de plus en plus sévères. Pourtant, les projets EPONA, BELENOS et TARANIS prévoient d’utiliser des millions de litres d’eau pour traiter des minerais toxiques.
Quand une carrière de Kaolin demande 10 litres par kilo extrait, la mine d’or en requiert jusqu’à 300 000 L !
| Type de minerai | Eau nécessaire par kg extrait |
|---|---|
| Kaolin | 5 à 10 litres |
| Or* (projets EPONA, BELENOS, TARANIS) | 100 000 à 300 000 litres (selon les procédés) |
[Source* : ADEME – Impact environnemental des mines d’or, 2021]
Comment justifier de demander aux agriculteurs de limiter leur usage de l’eau et aux citoyens de limiter leurs arrosages tout en autorisant une mine à gaspiller une ressource vitale pour extraire quelques grammes de métal ?
A lire : Gestion de l’eau : qui sera prioritaire demain entre l’agriculture et votre robinet ?
Un procédé de drainage catastrophique pour la ressource en eau
Toutes les eaux des nappes phréatiques environnantes sont drainées au fond de la mine via le système de faille.
Une exploitation minière consomme des quantités gigantesque d’eau pour traiter le minerai. Une mine consomme l’équivalent en eau d’une ville de 50 à 80 000 habitants.
Vous aviez déjà des problèmes d’approvisionnement en eau ? d’assèchement de puits chaque année ? Avec une mine dans votre région, il n’y aura tout simplement plus d’eau disponible.

- Une mine aérienne, c’est un trou de 300 à 600m de profondeur ;
- Mine souterraine, c’est un réseau de dizaines de kilomètres de tunnel « autoroutier » à la même profondeur.

Il n’y a ni mine propre ni « après mine » heureux alors agissons ensemble
Les eaux et les sols sont contaminés pour des siècles et des populations en danger pour des générations.
Un procédé toxique pour extraire l’or des roches.
Le procédé minier d’extraction de l’or exige un traitement au cyanure avec une évacuation des eaux résiduaires dans une lagune. Le sous-sol est protégé simplement par un géotextile.
- Extraction du minerai à l’aide d’explosifs puis de méga-pelleteuses
- Broyage en sable grossier
- Lessivage par une solution au cyanure
- Récupération du cyanure d’or
- Recyclage partiel de l’eau
- Évacuation des eaux résiduaires dans une lagune
Les lagunes d’eaux résiduaires contaminées pour des siècles
L’exemple ci-contre montre l’état en 2021 de la lagune de décantation de Saint-Pierre-Montlimart (Maine et Loire) alors que la mine d’or a cessé son activité en 1952 :
- 10 tonnes d’or extraites
- 75 km de galeries souterraines qui drainent encore les eaux de puits
- sur 700 000 tonnes, il subsiste 150 000 tonnes de stériles miniers acides contenant plomb, arsenic, cadmium, zinc…

Les stériles miniers : sources de pollution éternelle pour les nappes d’eaux souterraines
Les stériles miniers sont des déchets rocheux issus de l’exploitation minière. Ces déchets ne sont pas valorisables et sont potentiellement extrêmement toxiques, avec le risque de polluer l’environnement proche.
Les stériles n’ont que leur nom d’inoffensif, le ruisseau de couleur ocre dans l’exemple ci-dessous démontre de la teneur élevé de polluants comme le Plomb qui acidifie son eau. Ce ruisseau est mort de vie et les polluants continuent d’infiltrer les sous-sols et les nappes phréatiques.

Qui est responsable en cas de contamination des suites d’une pluie torrentielle ?
Les eaux de ruissellement se chargent en polluants (métaux lourds, sulfates, acides, etc) en traversant les stériles miniers stockés dans les tas ou les Galeries, et rejoignent la nappe où les polluants se dispersent ensuite.
Mais alors, qui est responsable de cette pollution ? L’exploitant ? Pas si sur. Dans la pratique, le code minier mentionne la responsabilité de l’exploitant seulement pour l’activité d’exploration ou d’exploitation.
Les dépôts de stériles d’excavation, de résidus de traitement, de résidus de fonderie, les digues et installations hydrauliques, les terrains contaminés… relèvent du code de l’environnement. Ils ne sont pas considérés comme pouvant être à l’origine de dommage minier.
Le responsable peut s’exonérer de sa responsabilité en apportant la preuve d’une cause étrangère. Il peut également réduire ou supprimer sa responsabilité s’il démontre que le dommage est causé conjointement par l’activité minière et par la faute de la victime, consistant, notamment, en une abstention de prise en compte par cette dernière des recommandations émises par les autorités sanitaires.
Source : Article L155-3 – Code minier (nouveau) – Légifrance
Le plus scandaleux, quand bien même on considère l’exploitant responsable, et qu’il peut réduire ou supprimer sa responsabilité s’il démontre que le dommage est causé conjointement par l’activité minière ET par la FAUTE DE LA VICTIME, consistant notamment en une abstention de prise en compte des recommandations émises par les autorités sanitaires.
A titre d’exemple, voici les recommandations de l’Agence régionale de la santé en Occitanie à destination des populations concernées. En bref, potager hors sol, les enfants n’ont pas le droit de jouer avec la terre du jardin, il faut humidifier les rebords de fenêtres avant d’aérer, laisser ses chaussures à l’extérieur, curer ses ongles plusieurs fois par jour et surtout : apporter la preuve du respect de ses précautions !

Il n’y a ni mine propre ni « après mine » heureux alors agissons ensemble
Le code minier, vraiment protecteur ?
L’ouverture d’une mine relève de procédures spécifiques du code minier. Breizh Ressources et l’état nous assurent que les mines en France sont « ultra-contrôlées », et pourtant, selon le Rapport parlementaire sur les mines abandonnées de 2017 :
- Salsigne (Aude) : Mine fermée en 2004, pollution persistante à l’arsenic.
- La Mure (Isère) : Autorisée après 10 ans de procédures, a fini par contaminer la Romanche.
- Coût pour l’État : La dépollution et la surveillance de Salsigne ont coûté plusieurs dizaines de millions d’euros depuis 2004.
Réalité : Les contrôles interviennent souvent trop tard. Une fois la pollution installée, il n’y a pas de retour en arrière.
Dans les faits, un nombre infime de mines surveillées alors qu’il y a en France des dizaines de milliers d’anciens sites miniers abandonnés, oubliés et polluants. Les budgets pour la sécurisation sont dérisoires par rapport aux coûts réels de dépollution, lorsqu’il est encore possible de dépolluer… En témoignent aussi les études du GEODERIS.
Les retombées fiscales
Les entreprises minières sont, en contrepartie de l’exonération de la cotisation foncière des entreprises qui leur est accordée pour certaines activités, passibles des redevances départementale et communale des mines. (Selon les articles 1519 I et 1587 I du Code général des impôts)
De l’argent pour les communes ? Des miettes et surtout de nombreux impacts pour le territoire et ses habitants pour des siècles.
La redevance communale des mines
La redevance communale des mines pour chaque concession est divisée en trois fractions :
- 35 % pour les communes sur le territoire desquelles fonctionne l’exploitation ;
- 10% pour les communes sous le territoire desquels les minerais sont extraits ;
- 55 % est versée à un fonds national de répartition.
Les tarifs des redevances sont fixés chaque année, sur avis conforme du Conseil général des mines et du Conseil d’État, par décret du ministre chargé des mines, du ministre chargé du budget et du ministre de l’Intérieur.
Le tarif applicable au 1er janvier 2024 avec indexation annuelle comparé au cours des métaux
| Métal | Redevance par Kg de métal contenu dans les minerais | Cours du métal au kilogramme |
|---|---|---|
| Or | 190,80 euros /kg | 98 000 euros /kg |
| Antimoine | 0,015 euros /kg | 51,6 euros /kg |
| Molybdène | 0,31 euros /kg | 39,98 euros /kg |
| Étain | 0,15 euros /kg | |
| Cuivre | 0,024 euros /kg |
L’exploitation minière, des enjeux de gouvernance
L’ouverture d’une mine en France n’empêchera pas d’extraire ailleurs, dans des pays où l’exploitation minière serait plus « facile ». En effet, les métaux ne sont pas également répartis sur terre. Les ressources françaises seules ne permettent pas au pays d’être souverain sur ce domaine. Ni même en Europe.
Ensuite, les métaux stratégiques extraits en France par des entreprises privées internationales seront vendues au plus offrant sur le marché mondial, et non réservés aux industries françaises ou européennes.
Les ressources énergétiques nécessaires pour extraire l’or ou les autres métaux recherchés sont bien supérieures aux bénéfices « impact CO2 » générés par l’utilisation de ces métaux.
Sources :
- Fin des métaux rares, c’est l’heure du choix (vidéo Youtube) : https://www.youtube.com/watch?v=7bh3Z78e68Q
- Qu’est-ce qui se cache derrière les discours de souveraineté et de transition ? (vidéo Youtube) https://www.youtube.com/watch?v=bGzFTQJIkmg

Il n’y a ni mine propre ni « après mine » heureux alors agissons ensemble